Nous avons comparé cinq affiches publiées pour nos clients à leur version générée par IA. Dans les cinq cas, la version IA multiplie les effets qui concurrencent l’information et s’éloigne du sujet réel de l’affiche.
Ces versions sont volontairement caricaturales : la consigne demandait la surcharge et les clichés, pour voir ce qui disparaît quand personne ne choisit.
L’AI slop : une production sans sélection
Publiée sans sélection éditoriale, une production générée par IA devient de l’AI slop. Il se reconnaît à trois signes : la surcharge, les clichés et les effets gratuits. Un visage trop lisse et un slogan qui irait à n’importe quelle marque suffisent à le trahir. Le lecteur sent que personne n’a décidé, même sans savoir l’expliquer.
Pour une PME ou une institution, une affiche interchangeable ne dit plus qui parle.
Méthode du comparatif et limites
Pour couvrir des contraintes différentes, nous avons retenu cinq affiches de secteurs variés : deux restaurants, un service public, un rendez-vous d’apprentissage et un événement en plein air.
Nous reproduisons les originaux sans retouche. Pour chaque affiche, nous avons comparé l’original et la version IA sur trois critères propres au cas. Selon l’affiche, ils portent sur l’idée, la hiérarchie ou l’ancrage dans le réel.
Les versions IA sont fictives : aucune ne constitue une campagne officielle. Le comparatif ne mesure ni ce que l’IA sait faire de mieux, ni la supériorité d’une agence sur un outil. Il montre seulement ce que devient une communication quand rien n’est écarté.
Luigia - L’affiche humoristique

À gauche, l’affiche publiée par Anorac Studio. À droite, version IA volontairement caricaturale.
Pour Luigia, l’affiche publiée repose sur une phrase : « Même en Italie, ils nous demandent la recette ! » Cette phrase humoristique distingue la campagne. Le gros plan montre une pizza sans inventer tout un restaurant autour. Le fond rouge laisse ressortir le plat et l’accroche.
Dans la version IA, l’humour cède la place à une promesse générique : « Le goût de l’Italie ». Une mascotte souriante lève le pouce, le fromage s’étire à l’infini et des ingrédients flottent dans l’air. Le titre géant et les effets brillants rivalisent avec le produit, et la surenchère dilue l’idée.
La direction artistique trouve l’idée propre à la marque, puis écarte les effets qui la remplacent.
Colladon Parc - « Une adresse à (re)découvrir »

À gauche, l’affiche publiée par Anorac Studio. À droite, version IA volontairement caricaturale.
L’affiche de Colladon Parc pose une invitation simple : « Une adresse à (re)découvrir ». Les légumes en mouvement entourent le chef, dont le portrait s’intègre à une composition graphique.
La version IA affiche « Le plaisir de bien manger ». Cette promesse conviendrait à presque tous les restaurants, et les produits comme les panneaux multiplient les points d’attention. Le visage lissé et les légumes laqués donnent une impression de décor artificiel.
Le message est relié au restaurant réel, et la lecture reste claire jusqu’à l’adresse.
Ville de Fribourg - Vélos rallongés en location gratuite

À gauche, l’affiche publiée par Anorac Studio. À droite, version IA volontairement caricaturale.
Pour la Ville de Fribourg, l’affiche « À vélo en famille » annonce la location gratuite de vélos rallongés. Photo et dessin se mêlent pour une touche ludique, et le vélo photographié montre le matériel loué.
Autour des informations utiles, la version IA empile slogans et effets décoratifs. Le décor détourne l’attention du fonctionnement du service. Les pouces levés et les sourires uniformes forcent le bonheur familial, et les roues lumineuses installent une scène irréaliste.
Le ton s’adapte à l’institution : sur l’affiche, le service, son matériel et l’inscription passent au premier plan.
Start ! - Job dating

À gauche, l’affiche publiée par Anorac Studio. À droite, version IA volontairement caricaturale.
L’affiche du Job dating de Start ! s’adresse au jeune qui cherche une place d’apprentissage. Après une question d’ouverture, trois consignes s’enchaînent grâce à des pictogrammes et à des flèches.
Les formules sur l’avenir de la version IA répètent une promesse vague. Objets géants et flèches brillantes se disputent l’attention, et un duo souriant au pouce géant tient lieu de public.
L’affiche part du besoin du public et ordonne les consignes autour de l’action attendue.
Trango Sport Nature - Vanlife Base Camp 2025

À gauche, l’affiche publiée par Anorac Studio. À droite, version IA volontairement caricaturale.
Pour Trango Sport Nature, l’affiche du Vanlife Base Camp 2025 s’appuie sur une photographie. Elle montre des vans et leur public réunis sur un parking. Des blocs de couleur organisent les détails pratiques.
La version IA invente un paysage de montagne au coucher du soleil, avec un guitariste et un chien. Ce décor suggère une expérience fabriquée autour du même nom. Titres en relief et panneaux en bois imposent plusieurs niveaux de lecture concurrents.
L’expérience réelle est documentée, et les images comme les mots promettent ce que l’événement propose.
La sélection dans le travail d’une agence
Ces cinq paires rendent visible un travail que le lecteur remarque rarement : la sélection. Une agence retient une idée, la relie à la marque et l’ancre dans l’offre du client, puis retire ce qui concurrence cette idée, même les effets qui plaisent.
Le travail commence avec l’identité de marque, qui fixe ce que la marque dit et ce qu’elle laisse de côté. Une fois l’identité posée, il se poursuit dans la création de contenu et les réseaux sociaux, où chaque image fait une promesse que le client doit tenir.
Stratégie et regard humain
Dans une campagne, l’affiche est une pièce parmi d’autres. Une agence situe cette pièce dans une stratégie : le positionnement de la marque, le moment, le canal et l’objectif. Selon le canal, le même message change de forme. Quand un budget publicitaire entre en jeu, cette stratégie se prolonge dans la publicité et la performance.
Une agence lit les tendances du moment et l’humeur du public. Elle connaît les attentes du client et les codes de sa région, que la consigne donnée à une IA contient rarement. Avant de publier, elle repère les clichés.
Dans notre agence, les concepts sont validés avant toute production. C’est à ce moment que se décident le message, le canal et la forme.
Notre usage de l’IA
Nous utilisons l’IA lorsqu’elle accélère une tâche ou améliore un contrôle. Elle aide à chercher des pistes, à explorer des idées et à produire des variantes à tester. Côté technique, elle assiste la rédaction de code pour les sites et applications que nous développons, parcourt une documentation, prépare des données et résume des textes.
L’IA reste un outil : une personne responsable du projet relit, teste ou valide chaque livrable. La direction artistique fixe la consigne et tranche avant toute diffusion.
Protection des données et souveraineté
Les données des clients ne partent pas chez un tiers sans raison. Nos sites et nos bases de données reposent sur notre propre infrastructure, dans les centres de données suisses d’Infomaniak. Pour mesurer l’audience, nous utilisons des outils open source hébergés en Suisse.
Le choix d’un outil IA dépend de ce que nous lui confions. Nous ne transmettons pas les documents d’un client à un service d’IA public sans son accord explicite. Quand un projet intègre une fonction d’IA, les requêtes passent par Infomaniak AI Services, en Suisse.
Ce comparatif ne repose que sur des affiches déjà publiées. Nous détaillons ces choix dans notre approche de la souveraineté numérique.
Un échange sur votre projet
Avant de publier une affiche, essayez de résumer son idée en une phrase : une hésitation indique que le choix de l’idée reste à faire.
Pour une affiche, une campagne ou un site, apportez le brief, même incomplet. Nous regarderons ensemble ce que votre message doit dire en premier, puis ce qui peut attendre.







